Pierre chemine

28 novembre 2017

Quelques jours d'automne d'un pélerin

Au coeur de l'automne, quatre jours hors du monde, à Bellefontaine, dans les Mauges, une abbaye cistercienne, où je suis accueilli par des moines qui vivent dans le silence, le travail et la prière.

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Quatre journées rythmées par la vie de cette communauté, et enrichies par de grandes promenades-randonnées, qui m'ont fait découvrir la beauté de ces paysages arborés et de vastes prairies d'élevage.

Pour arriver à Bellefontaine, sans voiture, c'est de Cholet que j'ai fait ma première marche, 13 kilomètres, guidé par google map sur des chemins et des routes peu fréquentées... Lequel google s'est amusé de moi sur les derniers kilomètres, m'amenant à un cul-de-sac, une propriété bien cloturée à traverser. Choix cornélien, faire demi-tour et me préparer à une rallonge de 6 kilomètres ou contourner la propriété et passer à travers champs. C'est bien ce que j'ai fait, au prix d'une petite décharge électrique de la cloture et du regard amusé d'un éleveur qui m'a remis sur le bon chemin...

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Les longues marches que j'ai effectuées durant ce séjour (environ 80 kms,mis bout à bout), m'ont été offertes avec un soleil radieux, fraicheur du matin, douceur de l'après-midi... En contrebas de la petite chapelle proche de l'abbaye, la source de Belle Fontaine où j'ai été surpris de rencontrer plusieurs personnes de la région venues remplir bouteilles d'eau et jerricans, et me confirmant, plutôt m'affirmant, que cette eau (agréable eau de source, au demeurant) a des vertus de guérison pour la peau et surtour les yeux...

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Plus bas, le petit pont qui ouvre sur le chemin des Canons, j'y ai trouvé, incroyable mais vrai, deux balises du Chemin de Compostelle et du Chemin du Mont Saint Michel. c'est la proximité de l'abbaye qui a dù inspirer les baliseurs maugeois, dont je soupçonne l'incrédulité à me mettre sur le bon chemin, à en juger des rares autres balises rencontrées pendant ces 4 jours (tout au plus une, proche du village d'Andigné). Mais, bien sùr, pour un pèlerin comme moi, qui ai la facheuse tendance à me perdre, c'est toujours utile d'être ainsi rassuré, encore que les cloches de l'abbaye se rappelaient à mon souvenir tous les quart d'heure.

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Dans ces temps où on parle beaucoup de méditation, je ne pouvais, dans un tel cadre, ne pas me plier à l'exercice de la marche méditative ! Par cela, j'entends, finalement tout simplement, marcher en éloignant le mental, les pensées-réflexe, bien souvent inutiles, et être tout à mes pas, mon rythme de marche et ma respiration, à mes sensations, dans l'observation (les arbres, oh, les arbres, clin d'oeil pour mon ami Vincent), allez, bien sûr, en laissant parfois émerger quelques pensées fugitives... Plus attentif à la nature (beauté d'automne incontournable), je parviens à saisir rapidement les envolées mentales et à les faire taire... Excellent exercice, vraiment, un parfait nettoyage qui ne signifie pas pour moi une quelconque bsence, un éloignement ou un refus d'entendre et de regarder...

Pour m'accompagner, dans ces "rêveries" de promeneur solitaire, et pour chaque marche, un court texte glané dand mon carnet et le seul petit livre emmené... Je vous en partage deux particulièrement appropriées à mes marches de ces jours.

"Nous sommes des voyageurs.

 Avancer, que toujours te déplaise ce que tu es pour parvenir à ce que tu n'es pas encore.

Avance toujours, marche toujours, ajoute toujours"

                                                                                    Saint Augustin

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"Des pensées et des mouvements peuvent traverser le mental, comme des voyageurs apparaissent, venus d'ailleurs, et passent à travers une contrée silencieuse; le mental, tranquille, les observe, ou ne prend pas la peine de les observer, mais, dans l'un et l'autre cas, il ne devient pas actif et ne perd pas sa tranquillité..."

                                                                                    Sri Aurobindo

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ande!

Le troisième jour, une magnifique marche dans les prairies aux alentours de l'abbaye: J'ai choisi, au hasard, un balisage (de couleur mauve !), inconnu, pas vraiment complet; et c'est ainsi que j'ai découvert et apprécié l'errance "choisie" (à ne pas confondre avec mes épisodes de perte de chemin !); cela force, lorsqu'on connait un peu l'environnement pour l'avoir arpenté depuis plusieurs jours, à chercher, à réfléchir, et ... à oublier le GPS !

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 Au terme de cette randonnée d'après-midi, un très beau coucher de soleil. Il a réveillé dans ma mémoire le sublime chant "soelis couchants" composé sur le poème de Paul Verlaine.

Une aube affaiblie verse par les champsDroite

La mélancolie des soleils couchants

La mélancolie berce de doux chants

Mon coeur qui s'oublie aux soleils couchants

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Et d'étranges rêves comme des soleils couchants

Sur les grêves, fantômes vermeils

Défilent sans trêve, défilent pareils

A de grands soleils couchants sur les grêves

 

Je vous partage la sublime interprétation de Léo Ferré

https://www.youtube.com/watch?v=KaqZ6JmMeuE

 

Beaux rêves, à bientôt...

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08 juillet 2017

Une ligne verte à Nantes

 

C'était mercredi dernier, l'idée saugrenue de suivre la ligne verte tracée dans les rues de Nantes.

Saugrenue, l'idée, car à suivre cette ligne, depuis l'île de Nantes, jusqu'aux quais de Loire en passant par le Lieu Unique, le jardin des plantes, la cathédrale, le centre ville et ses folles installations artistiques, j'ai probablement foulé 20 kilomètres en quelques quatre heures !

Je ne peux résister à vous livrer quelques uns des clichés volés à ce débridement de l'imagination dans un cadre historique peu à peu inscrit dans mon quotidien. J'en ai esquissé quelques sourires, partagé mes sensations avec des touristes de passage, et le caviste où je me suis approvisionné en vin léger, rapport à la canicule qui a sevi toute la journée. 

Belle ligne verte !

 

 

 

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Une roue tronquée sur la place du Bouffay, le chateau, et ses escaliers où le gardien m'a interdit de m'asseoir pour croquer la pomme de ma pause, le toboggan du chateau tant attendu mais encore en finition, l'inaltérable tour du lieu unique, la navigation illusoire sur l'autre coté de l'Erdre...

20170705_11050120170705_11062820170705_110647 Jardin des plantes, de toute splendeur et plein d'intrus...

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 le mur du lycéeClémenceau, de célèbre mémoire, ce sera dans mes mémoires si elles voient le jour...et le superbe musée de Nantes, flambant neuf, j'ai bien hésité y pour entrer, mes kilomètres m'attendaient, et je n'y rentrerai pas seul !

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il y a Louis le 16ème, la-haut, qui contemple la cathédrale

 20170705_11203220170705_11212220170705_11365920170705_11374520170705_113801Il y a aussi le bureau de Maud, à la préfecture,(troisième au premier étage à partir de la droite), les 50 otages, et la Tour Bretagne (non pas la tour DE Bretagne), à laquelle je suis monté par un petit sentier digne de Compostelle (vous admirerez la ligne verte, qui vaut tous les macarons...)

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Il y a Saint Nicolas, concerts du Choeur Universitaire, havre de paix au cours de la ville, il fait bon s'y arrêter ne serait ce que quelques instants, s'asseoir, et se mettre à l'écoute de ce monde silence qui nous observe et nous invite à l'émerveillement.

Et il y a la folie des créateurs sur la place Royale, à Graslin et dans d'autres lieux plus discrets...

 

 

 

 

 

 

 

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Et la promenade s'est ainsi prolongée, désormais animée par la rêverie, une belle tranche de pélérinage...

A bientôt... 

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04 juillet 2017

Après la marche, le temps d'une respiration

Cette idée avait germé dans l'hiver, qu'il me faudrait prolonger ce pélérinage vers le mont Saint Michel par quelques jours au Mont, pour laisser le silence qui s'était installé au long de ces jours de halage s'enraciner un peu plus dans les méandres de mon esprit.

Et quoi de plus "salutaire" que de demander l'hospitalité complète dans la communauté des fraternités de Jérusalem, gardienne de ce temple sublime qu'est l'Abbaye du Mont ? Cela se fit en douceur, un accueil chaleureux et discret, une invitation à rejoindre pour ces trois jours le rythme de vie de ces moines, partager leur liturgie, leurs repas,leurs temps de silence et les quelques tâches matérielles auxquelles ils m'ont convié.

Splendides aurores de montée à l'abbaye, dans le calme de ces petits matins où le village dort encore et  que ses habitants de quelques heures (que je veux pas appeler "touristes") ne gravissent pas encore. Beauté des chants de cette communauté, psalmodiant inlassablement, respectant le silence profond que cette heure matinale suscite.

Promenades sans fin au long de mes (trop peu nombreuses) journées sur le Mont, d'un escalier à l'autre, d'un rempart à un autre rempart, guettant un point de vue inexploré, m'amusant et bavardant avec ces visiteurs de toutes langues et nationalités, épris de cette liberté que le pélerin sait être son bien le plus précieux.

Je suis reparti le coeur ébloui, non sans un dernier regard sur le sommet du mont, au moment de prendre le bus qui me ramenait à Pontorson.

Il y aura d'autres respirations comme celle là...

A bientôt.

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30 juin 2017

Arriver au Mont, dans la splendeur du petit matin

 

 

 

 

   Il a bien fallu quitter Antrain à l'aube, pour profiter de la lumière émergente d'un ciel qui me dévoilait tranquillement sur ce chemin désert l'ombre du mont, aperçu pour la première fois à 8 kms et demi du terme de ce pélérinage. Spectacle inouï dans cette plaine qui m'invite non à accélérer pour atteindre ce but, mais bien plutôt....

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... à musarder, à retarder ce moment de l'arrivée !

Et pourtant, l'heure vient et la magie s'opère, le mont me happe, me prend, je ne vois que cette flêche dans le ciel, qui m'invite à poser mes bâtons, au terme de ces treize jours d'amplitude de mon pas et de mon coeur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Un prochain message pour vous dire ce Mont ...

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27 juin 2017

Ecluses, écluses

Elles sont magnifiques, sur un Chemin ensoleillé de printemps.

Je ne les ai pas comptées, bien plus nombreuses que les bateaux qui les traversaient...

Alors, au delà des sensations, ce sont des noms, ils font tous rêver, et je les ai captés, lus, relus et oubliés, puisque le Chemin n'attend pas.

C'est à l'image de ces rencontres d'un jour, visages imprimés dans la mémoire, prénoms plus difficilement retenus, et d'infimes détails qui ne s'éteindront pas, liés qu'ils soient aux sensations du moment. Et sur ce Chemin, c'est bien la joie qui m'anime, simple pèlerin, joie dont je ne sais si elle tient au chant ininterrompu des oiseaux, à la douceur de la terre battue sous mes pieds ou à l'insouciance de l'itinéraire incontournable...

La Tintière, le Boucard, Pont Réan, Mons, le Boër, Apigné, Charbonnière, <haut Chalet, <les Brosses, Grugédaine, Les Cours, Freslay, Saint Germain, Saint Médard sur Isle,  et bien d'autres, chaque nom cache et attend que se révèle une histoire, il y faudrait encore plus de lenteur dans le pas...

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22 juin 2017

Les hébergeurs

Les hébergeurs, sur ce Chemin des Capitales, sont peu nombreux et ne se trouvent pas toujours le long du Chemin, ils méritent à être trouvés. Avec la facheuse habitude que j'ai prise de ne vouloir monter dans aucun véhicule roulant, ce sont quelques déviations et kilomètres supplémentaires qu'il m'a fallu assumer pour passer l'une ou l'autre de mes soirées chez des hébergeurs... Je pense en particulier au Boël et à Chevaigné.

Quel plaisir de partager ces soirées avec des inconnu(e)s qui deviennent au fil de la conversation et du repas partagé de bons amis. Et pourtant, dans la simplicité et la gratuité de l'échange, nous savons bien, le pélerin comme l'hébergeur, que cette rencontre est bien probablement unique, tout au mieux se poursuivra-t-elle par l'envoi d'une carte postale au terme du Chemin (le Mont Saint Michel et ses innombrables boutiques de souvenirs m'y ont contraint !...), et plus rarement par un contact mail ou téléphonique qui, un jour peut-être sera le lien nécesaire pour une future rencontre sur un chemin ou un autre...

Mes hébergeurs des Capitales, Marie-Anne, Sophie et Jean-Christophe, Alain, Marcel et Michelle, ces prénoms résonnent en moi comme des moments forts, repas mitonnés, chambres confortables, douche disponible dès l'arrivée, et visages d'accueil "inconditionnel", attentifs aux besoins du pèlerin et soucieux de lui laisser le temps de ses rituels d'étape.

Et puis, il y a eu ces deux étapes éclusières, sur le Chemin, on ne peut mieux faire, dans la tranquillité d'une circulation fluviale bien calme, surtout en ces jours de printemps. L'écluse, aperçue de loin, terme de l'étape, sans que le pèlerin ne se pose de question sur la rue à trouver, l'avenue ou le carrefour à traverser, cette écluse, que j'ai eu tout le loisir d'observer soir et matin, à l'arrivée et au départ, c'est comme un point de suspension sur ce Chemin. Les éclusiers sont de tous statuts, entre les "professionnels" qui logent dans l'écluse, les hébergeurs (peu nombreux) et les simples locataires des lieux, tous bien certainement amoureux de cette nature de toute simplicité.

 

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20 juin 2017

Mes compagnons, ceux de chaque instant et les fugitifs

   Marcher le long du canal (celui là ou tout autre, je puis l'imaginer) en telle période printanière ne pouvait que m'attirer ces compagnons d'itinérance que sont les oiseaux. Mon ignorance (quasi légendaire sur beaucoup de sujets, où ai-je la tête ?) m'a bien empêché de les qualifier, à part quelques cygnes et poules d'eau. Pourtant, bien souvent, il m'est arrivé de dialoguer avec eux, particulièrement les coucous qui avaient le grand avantage d'avoir une conversation soutenue, prenant le temps de m'écouter leur répondre, à certains pendant plusieurs centaines de mètres.

Mes autres compagnons du chemin, plus fugitifs (je ne saurai oublier une biche, pas bien loin du Mont Saint Michel, et quelques dizaines de lapins, quelque part, un jour !), ont été ces pèlerins croisés, et écoutés avec intérêt et bienveillance :

  • M. pélerine belge, plus que cinq fois "diplomée jacquaire", prend le temps, en me croisant, et entre deux petites averses, de me raconter ses années marquées par... les problèmes familiaux, ses aventures sur le chemin, son Chemin spirituel au Portugal, sans oublier ses problèmes de jambes et ménisques !
  • L. parisien qui va rejoindre une amie à Nantes pour continuer vers le sud, lui aussi super nanti coté Compostelle, dont il multiplie les Chemins, au rythme de ses visites à sa vieille Maman de 92 ans atteinte d'Alzeihmer... L. marche avec un petit chariot à roulettes.
  • Yvan, le québecois de 72 ans, rencontré dans l'église de Sens de Bretagne, où j'ai chanté avec bonheur le Dio Vi Salve... Yvan, un pélerin d'expérience, lui aussi, quatre, cinq fois, on ne compte plus, la simplicité, la jovialité et des histoires plein la tête.

Et puis, il y a ces rencontres non-pélerines:

  • des pêcheurs (celui-là pêche avec ses quatre chiens, et ne doit pas surveiller ses lignes, à en juger de son état d'ébriété),
  • des marcheurs émérites, comme ce couple très agé, chacun avec des bâtons, essayant, sur une carte au bord du canal de comprendre combien de kilomètres ils avaient encore à faire, tout en me disant leur mal de dos et leurs bas de contention ! Touchants dans leur intérêt pour mon Chemin, et leur désir intense de continuer à marcher, tant que la vie le leur permettra.  
  • des cyclistes, comme celui-ci qui prend le temps de s'arrêter pour m'interroger, me dire qu'il sillonne en vélo la Bretagne, et qu'un jour, peut-être, il irait bien sur les Chemins de Compostelle. Notre dialogue, éphémère, lui aura t-il insufflé la "vocation " ?
  • un autre cycliste, bien âgé celui-là, sur un vélo aussi usé que lui, qui s'arrête à l'écluse où je prends ma pause déjeuner (que je pensais être solitaire et paisible...); ce vieil homme, édenté, pas bien riche, et tellement touchant de simplicité, ne me dit de son métier que "j'ai fait toutes sortes de choses". Il me regarde manger et me parle de Nantes, de son vélo, de muscadet, de la sècheresse hivernale qui présage de mauvaises récoltes et moissons. avant de reprendre tranquillement son vélo et s'éloigner sur le canal.
  • et, en fin de cette après-midi là, une bière locale (bretonne ?), bue dans un petit bar au bord du canal, il y a là un druide moderne, qui dit à la cantonade être chanteur-karaoké, marcher une heure et demi par jour, et qui parle, parle, parle, sa vie se dit dans ce bar à des inconnus. on en ferait un parfait Jacquaire, non ?

 Je vous dirai une autre fois mes hébergeurs...

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12 juin 2017

Premiers jours, la magie de retour !

 

Oui, dès les premiers pas, le long de l'Erdre, après avoir quitté la cathédrale de Nantes (où le "sacristain" m'a généreusement tamponné mon carnet de futur Miquelot), cettemagie du Chemin s'opère, je suis bien sur le Chemin, sur mon Chemin. A peine effacés les monuments de la ville, je retrouve les sensations du pèlerin, que mes bâtons rythment avec allégresse. Le chemin le long de l'Erdre jusqu'à la Chapelle est ombragé et propice au rêve.

Ces premiers kilomètres sont cerux de l'apprivoisement du canalNantes-Brest, qui sera mon compagnon pour plusieurs jours. Ce canal est véritablement une invitation au calme, à la lenteur du cheminement. Le regard se doit d'être porté au loin, les pensées s'éloignent bien vite, demeure le plaisir de sentier mes pieds, mes jambes travailler, bien tranquillement, et me porter vers le "but" de cette troisième saison de pélérinage.

Ultreia !!!

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09 juin 2017

Le choix d’un itinéraire

 

Etonnant pèlerinage d'apparente platitude, il n'y a guère que les 350 marches (que je n'ai pas comptées) du mont Saint Michel qui montent... Ce furent treize jours le long de l'eau, paysages à l'identique, gratitude de mes pieds quasi-intacts au bout de ces 300 kilomètres.

C'était à vrai dire mon choix, depuis Nantes longer l'Erdre autant que faire se pouvait (Ah, mes années étudiantes de manifs pour l'accès aux deux rives... nous chantions "les bords de l'Erdre sont à tout le monde, volés au peuple qui travaille", sic!!!), puis emprunter le plus longtemps possible le canal de Nantes à Brest, jusqu’à Redon, avant de rejoindre la Vilaine, de nouveau bordée d’un chemin de halage, que je quitterai en arrivant à Rennes. C’est encore un canal qui m’accompagne ensuite, celui d’Ille et Rance. La fin du Chemin d’eau est à Saint Médard sur Ille…Les 60 derniers kilomètres ont été parcourus « sans eau ».

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itinéraire

Mon itinéraire : 

Jour

Etape

kilomètres

1

Nantes – Sucé sur Erdre

20

2

Sucé sur Erdre – Ecluse de la Tintière (Nort sur Erdre)

22

3

Ecluse Tintière – écluse de Bougard (près de Blain)

34

4

Ecluse de Bougard – Genrouët

18

5

Genrouët – Redon

26

6

Redon – Langon

21

7

Langon – Saint Malo de Phily

29

8

Saint Malo de Phily – Pont Réan

18

9

Pont Réan – Rennes

23

10

Rennes – Chevaigné

17

11

Chevaigné – Sens de Bretagne

26

12

Sens de Bretagne – Antrain

19

13

Antrain – le Mont Saint Michel

21

Total

 

294

 

Cet itinéraire illustre bien mon choix de cheminer au bord de l’eau avec deux étapes dans les maisons d’éclusiers (la Tintière et le Bougard), sans quitter le canal, ce qui a été de tout régal, parfois au prix de kilomètres « supplémentaires, par exemple pour faire le crochet à Nort sur Erdre (non rajouté dans ce décompte de kilométrage…). 

Prochain message : compagnons de marche

 

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23 mai 2017

De retour du Mont Saint Michel

20170519_141633Bonjour à toutes et tous,

De retour du Mont Saint Michel, et comme promis, je vais vous envoyer dans les prochains jours, et les prochaines semaines, mes impressions de ce pélérinage 2017, treize jours de marche pour trois cent kilomètres, sur un Chemin en solitaire, de Nantes au Mont Saint Michel. Une marche tout en douceur et sérénité, sur des chemins de halage presqu'exclusivement, le long du canal de Nantes à Brest et de la Vilaine.

Treize jours de pépiement d'oiseaux (mes connaissances ornithologiques sont si limitées, que je n'ai pu que répondre "bonjour" aux cris des coucous, seuls oiseaux identifiables à mes yeux, et dont certains m'ont accompagné bien longuement...).

Treize jours de marche quasi silencieuse, rares rencontres toujours bienvenues, trois pèlerins marcheurs, quelques autres en vélo, et aux alentours des deux principales villes (Redon et Rennes) des sportifs de toutes catégories, depuis les familles en vélo aux groupes de coureurs marathoniens, sans oublier quelques marcheurs nordiques.

Et comme pour clôre ce Chemin de halage qui me "tirait" de plus en plus vers le Mont et son incontournable Michel, deux journées d'errance dans l'Abbaye et ses alentours, sous la bienveillante protection des moines et religieuses qui y habitent et embellissent de leurs chants cette splendide abbatiale.

Je vous donne rendez vous dans quelques jours, pour vous entretenir du canal, des hébergeurs, des écluses et leurs éclusiers et éclusières, et de toutes ces petites histoires qui font la grande histoire des pèlerins de Compostelle.

Pierre, le jacquet devenu également miquelot.

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